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Connu comme étant le nouveau député fédéral dans Terrebonne, Michel Boudrias vivra les célébrations entourant le jour du Souvenir non seulement en tant que représentant de l’État, mais également en tant que vétéran. L’homme qui a pris part à la guerre d’Afghanistan livre ici un pan de son histoire qui a eu une influence sur celle de bien d’autres gens.

Porté depuis toujours par le sens de la justice, Michel Boudrias a fait partie des Forces armées canadiennes pendant 10 ans. C’est en tant qu’officier d’infanterie au sein du Royal 22e Régiment qu’il a pris part à la guerre d’Afghanistan en 2010-2011. Celui qui se décrit comme un militaire rigoureux et un peu «père poule» a dirigé ses troupes durant 208 jours, collaborant notamment avec les troupes américaines comme avec les habitants locaux, avec qui il a toujours adopté une approche respectueuse.

«Il ne faut pas jouer aux cowboys, surtout quand tu te sais dans un guêpier où il y a des insurgés. Ça demande une extrême vigilance. Tu dois interagir avec ouverture et respecter les propriétés des gens, mais en montrant que tu es prêt à réagir», confirme l’homme, qui reste avare de commentaires sur ce qu’il a vécu sur le terrain.

«C’est sûr que j’en garde des souvenirs marquants. Je ne regrette rien, mais je me souviens. Ce n’est pas seulement une devise sur une voiture, laisse-t-il savoir. J’ai fait mon devoir et j’ai accompli ma mission du mieux que j’ai pu avec cœur et rigueur. À partir de là, l’histoire dira ce que ça vaut. Je ne suis pas un héros. Tout le travail s’est fait en équipe. J’ai eu la chance d’être soutenu par des hommes et des femmes de qualité. Ça a été un privilège, de servir à leurs côtés, et ce n’est pas de la fausse humilité. Quand tu vois un colosse brailler parce qu’il ne veut pas sortir à la fin de la mission, ce n’est pas le “fun”. En tant qu’officier, tu dois montrer l’exemple. Ce n’est pas toujours facile.»

«Brothers in arms»

Pour les vétérans qui l’ont précédé, pour les hommes et les femmes aux côtés desquels il a combattu comme pour les Afghans avec qui il a créé des liens durant sa mission, le député bloquiste se souviendra, le 11 novembre. «Je travaillais 16 heures par jour, 7 jours sur 7 et je passais 75 % de mon temps avec l’armée afghane. Je m’inquiète encore pour ces amis que je me suis faits. Mon interprète, qui a été ma voix, ma langue, et dont le rôle a été vital, je n’ai plus de contact avec lui, mais je pense encore à lui. Je m’inquiète. L’écusson qu’on a sur notre uniforme, “Brothers in Arms” (Frères d’armes), il veut dire quelque chose. Nos collègues américains et afghans, on ne les oublie pas», évoque-t-il en caressant le rêve de retourner là-bas à titre de simple vétéran pour renouer avec ceux-ci. Un rêve qu’il croit illusoire, malheureusement.

Un militaire indépendantiste

Ayant cessé de servir en 2014, M. Boudrias admet que cette période de sa vie lui manque. «Ça va toujours me manquer, précise-t-il. On pense en militaire jusqu’au bout des ongles.» Mais c’est avec le même désir de justice, de rigueur et de respect qu’il entame un nouveau chapitre aujourd’hui : celui de député.

Et pour ceux qui trouveraient étrange qu’un député souverainiste ait défendu le Canada à l’étranger, l’homme qui dit avoir toujours servi en faisant preuve d’objectivité rétorque : «Le Québec compose le quart de la puissance du Canada, il faut s’impliquer. Pourquoi laisser le pouvoir aux Anglo-saxons par notre absence? Puis tant qu’à payer 25 % des Forces armées en tant qu’institution, aussi bien qu’on y prenne notre place. L’expertise et les connaissances acquises seront essentielles dans un pays indépendant.»


Média : Journal La Revue
Auteur(e) : Pénélope Clermont
Source : http://www.larevue.qc.ca/actualites_ne-regrette-rien-mais-souviens-michel-boudrias-n33759.php

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